De la lumière au chaos

“On n’a pas un cœur pour les hommes et un cœur pour les animaux, on a un seul cœur ou pas du tout.” Lamartine

Alors que les festivités taurines ont déjà débuté en France, je viens relancer l’éternel débat entre les aficionados de la tauromachie, attachés à une tradition méditerranéenne et à un art lié à un cérémonial codifié, où l’homme harponne le taureau jusqu’à sa mise à mort, et les anti-corrida choqués que ces actes cruels soient ainsi banalisés, mêmes aux yeux des enfants (l’entrée des arènes étant gratuite pour les moins de 10 ans).

En janvier 2011, la corrida a été inscrite provisoirement en catimi par Frédéric Mittérand au classement immatériel du patrimoine français, au même titre que la tarte tartin et le fest-noz breton. Il ne s’agit en rien d’un label, néanmoins, cette pseudo reconnaissance porte atteinte à notre monde civilisé ainsi qu’ à la Déclaration Universelle des Droits de l’Animal:

Article 3

1. Aucun animal ne doit être soumis à de mauvais traitements ou à des actes cruels. 2. Si la mise à mort d’un animal est nécessaire, elle doit être instantanée, indolore et non génératrice d’angoisse.

Article 5

4. Les exhibitions, les spectacles, les films utilisant des animaux doivent aussi respecter leur dignité et ne
comporter aucune violence.

Article 7

Tout acte impliquant sans nécessité la mort d’un animal et toute décision conduisant à un tel acte constituent un crime contre la vie.

Malheureusement, contre l’indignation de 66% des français, un millier de taureaux chaque année, dans le Sud Ouest de la France, sont victimes de mutilations, un rituel sanglant qui dure entre 15 et 20 min, avant sa mise à mort. Je préfère vous épargner des détails au risque de vous faire tourner de l’oeil.

Face à l’argumentation en faveur du respect d’une tradition française (importée d’Espagne il y a 150 ans), et celle qui lutte pour le respect du bien-être des animaux, les discussions restent inconciliables tant l’incompréhension réciproque est de mise.

Les aficionados diront de moi que je suis intolérante, ce que j’assume entièrement, en effet, ma tolérance a ses limites que la cruauté perverse de ce spectacle dépasse largement; c’est pourquoi, je pétitionne pour son abolition mondiale.

Néanmoins, j’ai effectué quelques recherches pour comprendre les arguments des pro-corrida. Je suis tombé sur les propos éclairés d’André Viard, président de l’observatoire des cultures taurines et ancien matador:

“La corrida est un spectacle régi par des règles très précises qui garantissent l’intégrité du combat. En cela, elle relève de l’éthique, parce que le taureau est tué rituellement,loyalement et en public. Mais, dans le même temps, elle relève de l’esthétique, parce que sa finalité est de créer une œuvre d’art éphémère, celle du torero qui s’empare de la matière brute qu’est la charge du taureau pour lui imposer d’entrer dans un ballet de figures conventionnelles. C’est le génie du torero qui élève le combat à la dimension artistique?!”

Effectivement, la corrida est un spectacle bien ficelé pour que le public soit impressionné par le torero terrassant l’impressionnante bête (petite pensée à Georges et à son dragon), cela dit, l’intégrité du combat est discutable. Avez vous entendu parler de l’afeitado? Il s’agit de raccourcir les cornes du taureau pour que celui-ci perdre ses repères visuels et ainsi le rendre plus faible. Bien évidement, des piqûres d’endormissement sont également pratiquées sur le taureau.
Le festival de conneries continue lorsque Monsieur Viard parle d’éthique, mais en quoi la morale intervient lorsqu’un animal est torturé gratuitement? Puis vient le tour de l’esthétique, la corrida étant désignée comme une oeuvre d’art éphémère, je rappelle juste que la corrida n’est en rien une manifestation ou une création de l’esprit dite culturelle mais un spectacle qui maquille avec des artifices une finalité sanglante. En ce qui concerne les figures, mieux vaut danser la Zumba! 

Suite

La mort n’est pas mise en scène, elle est le fondement du combat et la réalité de la corrida. En ce sens, la corrida est une métaphore de la vie, un des derniers spectacles réels. Plus qu’une représentation, elle est une identification?: ce qui est vécu ici, c’est le triomphe de l’humain sur l’animalité, de l’ordre sur le désordre, de la lumière sur le chaos. Le moment de l’estocade est la phase suprême?: dans un dernier rapprochement hautement risqué avec le taureau, le matador met en jeu sa propre vie. Pour le public comme pour le torero, c’est l’accomplissement de la corrida, l’instant où la vie triomphe de la menace mortelle du fauve et où l’art et l’intelligence l’emportent sur la force brutale. Pour le taureau, sélectionné pour sa bravoure, la mort dans l’arène est plus digne que la fin dans un abattoir.”

La mort n’est pas mise en scène. Quelqu’un m’explique?
Le triomphe de l’humain sur l’animalité…qui a vu le jour il y a des millénaires et qui s’appelle l’élevage, l’homme élève alors des animaux pour se nourrir.
de l’ordre sur le désordre, de la lumière sur le chaos…Au secours!!!!
Nous arrivons au plus drôle lorsque Monsieur Viard évoque le fauve et commet ainsi une grave erreur car le taureau n’a rien en commun son collègue des arènes le tigre, puisqu’il s’agit d’un bovin se nourrissant d’herbes grasses.
L’art et intelligence l’emportent….là je ne réponds plus de rien, à vrai dire, je fatigue.
Une mort plus digne? Lorsqu’on sait que le record du dernier coup d’épée s’élève à 32 essais, on peut douter de la dignité de cette mort. De plus, il faut savoir que dans les corridas portugaises les taureaux ne sont pas tués et le public croit que l’animal est gracié, or, il est systématiquement abattu à l’abri des âmes sensibles. Au moins, la morale est sauve!

Si vous êtes aussi indignée que moi et que vous souhaitez agir, vous pouvez signer des pétitions, en parler autour de vous, ne jamais assister à une corrida même par curiosité, défendre fièrement votre opinion, boycotter les marques sponsors des manifestations taurines…

Pétition contre la corrida de 30 millions d’Amis

Pour en savoir plus, site du Crac

“Non, il n’est plus acceptable de tuer pour se divertir. Non, il n’est plus acceptable de donner en spectacle la souffrance animale. Non, il n’est plus acceptable d’élever nos enfants en leur laissant voir la cruauté envers les animaux comme une tradition à préserver.”Nicolas Hulot

Source: CRAC anti-corrida.com
Humanite.fr La corrida fait-ellepartie de la culture française? Le face à face

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