Je suis orthorexique. Et j’ai décidé de ne pas me soigner.

Aujourd’hui j’aimerais vous parler d’un sujet un petit peu particulier. Depuis quelques années, je suis atteinte d’une maladie singulière et c’est seulement tout récemment que j’ai appris que je l’avais développée. Orthoxerie, tel est le nom du mal qui me frappe. Je suis donc orthorexique….Le plus inquiétant reste à venir.

Alors, l’orthorexie, qu’est-ce que c’est ? Il s’agit d’un trouble obsessionnel alimentaire, qui, à l’instar de maladie comme l’anorexie focalisée sur la quantité des aliments consommés, l’orthorexie est basée sur la qualité d’un point de vue nutritionnel des aliments. Les personnes atteintes de cette nouvelle “maladie” ont développé la peur de consommer des plats raffinés (entendez aliments vides de calorie, très appauvris en vitamines et oligo-éléments), industriels et des additifs qu’ils contiennent, mais aussi une angoisse de retrouver dans son assiette des produits issus de l’agriculture conventionnelle bourrés de pesticides.

En somme, il s’agit de l’obsession de “manger sain” et entraînant le malade à s’isoler socialement (fini les sorties au restaurants et les apéros dinatoires à la bonne franquette entre amis) et à ne manger que les produits faits maison, pour être sûr de ne pas transgresser son régime.

Quels sont les symptômes ? (Faites le test, si vous vous sentez concernés par plus de la moitié, vous êtes certainement atteint d’orthorexie)

 Ne jamais mettre les pieds dans un fast food

 Avoir une sainte horreur des paninis ou des kebab à la sauce blanche

Privilégier le bento fait maison pour les repas du midi

 Aimer cuisiner des légumes de saison et baver devant les recettes de Marie Laforêt

S’intéresser aux valeurs nutritives des aliments et associer l’alimentation à la santé (et être, par conséquent, à l’écoute de son corps)

Acheter bio tant que votre porte-monnaie le peut

Refuser les plats industriels

Ne pas hésiter à amener un plat fait avec amour chez vos amis

Privilégier les aliments crus dans vos repas

Acheter un extracteur de jus ou une centrifugeuse pour faire une cure détox de fruits et légumes

Lire toutes les étiquettes afin de traquer l’additif, le colorant, le conservateur…

strawberry-273908_640Vous devez penser désormais qu’il s’agit d’un poisson d’avril en plein mois de mai et que cette histoire d’orthorexie ou comment se soucier de sa santé par son alimentation n’est qu’une blague de mauvais goût ? Et bien, non.

C’est un docteur américain, le doc Steven Bratman qui dénonça la pathologie sous le nom d’ortho-orexia nervosa au début des années 2000. Selon lui, ce trouble alimentaire désigne la volonté de consommer uniquement des produits frais, naturels et bio. Un docteur de mèche avec les groupes industriels afin de diaboliser les consommateurs rebelles, ceux qui osent boycotter la mal-bouffe, dangereuse pour la santé et l’environnement ? On se ne sait pas, toujours est-il que ça sent le coup fourré, d’autant plus lorsque Danone n’hésite pas à s’engouffrer dans la brèche.

Une aubaine pour le fabricant de yaourts aux fruits sans fruits, qui s’empresse de tirer la sonnette d’alarme dans un dossier sur son site. En quête d’émotions (pleurs, rires, sentiment d’indignement ou de révolte), je vous invite à lire ce tissu de conneries.

L’article commence d’ailleurs bien, en mode lavage de cerveaux, je cite : “La construction de savoirs et de normes autour de “l’alimentation santé” laisse transparaître une quête sans fin du bien-être par la raison alimentaire et vient renforcer ce qu’on a appelé “l’utopie de la santé parfaite”.” Bon, et puis après, ça part carrément en vrille : “Chez les orthorexiques, les préceptes religieux du repentir, de l’auto-purification ou du retour à l’innocence ont été transférés sur l’alimentation. (..) De la même façon que le religieux doit se purifier par la prière, l’orthorexique doit purger son corps par une alimentation totalement contrôlée.

L’orthorexique est un hérétique de la diététique !!! Ahaha !

Danone fini son article de fond sur le test du Docteur Bratman pour connaître notre penchant et qui du coup, pris au second degrés, est beaucoup plus marrant que le mien ;-)

Après le choc du diagnostic tombé, je me rends compte que je ne suis pas seule et que dans notre société où le mot malbouffe résonne à mon oreille comme un son très 90’s, se développe une armée d’angoissés de l'”étiquette”, de fins gourmands amateurs hérétiques de petits plats fait maison élaborés à partir de produits saison voir locaux ! Une bistronomie de la raw food, végétalo-créative s’est d’ailleurs développée à Paris, avec des restaurants comme Pousse-Pousse, 42 degrés, le Café Pinson, Sol Semilla

Le mouvement est en marche, vous rejoignez ma secte ?

Source Bio A la Une

Source image 1 et 2

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23 Commentaires

  1. Hello ! Je me reconnais dans 5 propositions sur les onzes. Suis-je orthorexique ? Peut-être bien. Je m’étais posée la question de mes obssession alimentaires il y a quelques mois. Mais comme toi j’ai décidé de continuer car mon corps lui me dit merci et en plus je ne me sens pas malade ! héhé !

    • On parle d’obsession d’alimentaire, mais en est-ce vraiment ? Je suis très gourmande, j’aime le fait maison, découvrir comment cuisiner de nouveaux aliments, bref je suis dans une démarche écologique, saine et gourmande et un plat industriel ne me fait pas envie. Mais il est difficile de l’éviter et dans ce cas, cela ne m’empêche pas de dormir. Il faut se satisfaire de son équilibre et ne pas se prendre la tête ^^

  2. Le fameux débat de l’orthorexie…
    Je ne sais pas trop quoi en penser car quelque part, il y a un danger d’en faire “trop”, même dans le domaine du healthy. C’est surtout face à des comptes Instagram de jeunes filles/femmes qui semblent vivre pour manger mieux (dans le but de mincir généralement aussi…) que je reste dubitative.

    Evidemment, végétarienne depuis toujours, je ne consomme presque que bio, et je fais attention à ce que je mets dans mon assiette. Mais un écart de temps en temps ne me tuera pas. Et le problème de la vague du “manger sain” c’est que quelque part, ça peut engendrer une culpabilité face à un écart occasionnel. Et ça crée un rapport conflictuel avec la nourriture, au fond. Alors bon… Attention aux dérives, c’est tout ce que j’ai à dire :)

    • Je suis d’accord avec toi, car dans tout régime, il n’y a qu’un pas pour tomber dans un extrémisme dangereux, d’un point de vue physique ou psychologique. Et il y a des dérives partout. Bien que, selon moi, le “manger sain” n’est pas le plus à craindre mais le but de mon article était de plutôt de dénoncer les réactions des grands groupes industriels face à ce phénomène de société, qui elles, pour le coup, sont dangereuses associant tout et n’importe quoi pour faire peur aux gens. Notons que l’orthorexie est initialement une vraie maladie mais sa définition a été étendue aux consommateurs d’aujourd’hui plus soucieux de leur santé. Et ça, ça ne me plaît pas trop. Bises ^^

  3. Ah bah voilà je suis orthorexique c’est officiel! =D Mais rolala attention cela veut dire que j’ai transféré sur mon alimentation mes envies de repentir et d’autopurification! Mais oui oui… XD Ce qu’il ne faut pas entendre franchement! Merci Danone et ses arguments alimentés par le lobbying!!

    • Yep…Le lobbying est vraiment flippant. Aux Etats-Unis, le congrès annuel qui regroupe tous les diététiciens de Californie est financé par Mc Donald’s :( On est pas sorti !

  4. tu n’es pas la seule, et comme je le disais dans mon article sur le sujet, moi, je suis plutot fière d’etre rigoureuse sur mon alimentation. C’est juste … du bon sens !!

  5. Bon, et bien, c’est dit, c’est fait, je suis orthorexique ! Et non, je ne me soignerai pas non plus, car justement, si j’en suis arrivée là, c’est pour échapper aux allergies alimentaires à tout va qui commençaient à m’empester la vie pour un oui ou pour un non, au gré des changements de recettes des produits industriels !

    Donc : JE SUIS ORTHOREXIQUE ET FIERE DE L’ETRE !!!

    • Je suis aussi contente de faire partie de ce mouvement même si je n’aime pas ce mot ni les étiquettes.^^

  6. il faut payer une dîme au gourou ? ;) je ne suis pas totalement orthorexique, mais je ne mange aucun produit laitier (intolérance au lactose) et hors de chez moi, j’essaie de manger le plus “simple” possible (pas transformé, pas industriel …) chez moi, c’est bio autant que possible et fait maison également !

    merci pour le lien vers le site de Marie Laforêt ! je ne connaissais pas ce site mais je sens qu’il va devenir ma nouvelle -et saine- addiction !

    • Oui, tu trouveras forcément ton bonheur dans les recettes 100% végétal ! Bises et à bientôt !

  7. Etant une ex-anorexique (presque) “guérie”, je ne peux malheureusement pas considérer l’orthorexie avec autant de légèreté que toi. En effet, dans mon cas, l’orthorexie a succédé à l’anorexie et je me suis assez rapidement rendu compte que sous couvert d’arguments santé, bien être, etc. je m’étais enfermée dans une deuxième “prison”. Bien sûr, loin de moi l’idée de généraliser mon expérience. Mais je ne peux m’empêcher de penser que tous les comportements extrêmes sont néfastes. Manger sain, cela me semble une évidence. Par contre, il me semble également évident qu’une personne qui ne s’autorise aucun “écart” à sa ligne de conduite (ou qui devient incapable de s’autoriser le moindre “écart”) développe une obsession du contrôle qu’il me semble légitime de questionner.
    Il me semble également pertinent d’interroger les normes sociales actuelles, lorsque le “régime” devient le “rééquilibrage alimentaire” ou que l’ “utopie de la santé parfaite” se substitue à “l’utopie du corps parfait”…

    • Je comprends très bien ton message et tu as tout fait raison de me le faire remarquer. Loin de moi l’intention de prendre à la légère cette maladie, qui est une vraie maladie, un peu détournée aujourd’hui, mais plutôt celle de dénoncer la façon dont les grands groupes industriels tournent les choses à leur avantage et font naître l’inquiétude. Même si, je reconnais qu’il y a des dérives dans tout régime alimentaire.

  8. Hello! Je ne passais pas par là pour cet article mais étant tombée dessus, je me permet de vous laisser un petit mot!
    Mon but n’est pas de vous juger loin de là, mais de vous prévenir d’une glissade qui parfois peut s’avérer…comment dire…sans retour, du moins pas de manière indemne.
    La limite entre le contrôle et sa perte est beaucoup plus tenue qu’on le croit, et c’est souvent son excès qui mène à sa perte. Savoir ce que contient son assiette est une bonne chose de nos jours ( et oui vive l’industrialisation), mais ne pas pouvoir manger si on ne sait pas tous les détails que nous ingurgitons et une contrainte à sa vie. Pourquoi à sa vie? Parce qu’au final, il n’y a plus que cela qui fait partie de notre vie… D’un rapide coup d’œil à l’étiquette à la googlelisation de tous les E… dans les rayons du supermarché, il n’y a pas beaucoup de centimètres. Toute obsession quelle qu’elle soit mène à ne plus voir les autres saveurs…et je ne parle pas d’aliments, mais tout ce qui nous nourrit…les amis, la famille, se balader, découvrir, se réjouir… Oui se réjouir d’un petit bonheur est une sensation qui s’émousse très vite lorsqu’on ne peut plus oublier son obsession. Tout devient vide de sens à part ce petit détail qui est devenu notre seule raison de se lever, qui nous hante dans nos rêves…qui nous suit, même si c’était y a longtemps, pour le reste de notre chemin, qui nous suit comme un petit paquet enserrant notre cœur…

    Les troubles du comportements alimentaires quel qu’il soit peuvent mener à se perdre, à oublier de vivre…alors pour ne pas que cela arrive, oublier tout ça au moins une fois par jours…et aller manger un petit bout de bonheur en ne regardant que votre taux de bonheur!!!

    Avec pleins d’amitiés

  9. Hahahaha si mes parents dormaient pas je pense que je me serai tordue de rire ! Nan mais ils sont sérieux ? Le plus triste c’est que y a trop de personnes qui pourraient les croire et stigmatiser ainsi un peu plus les gens qui ont envie d’avoir une vie saine !
    Je rejoins ta secte avec plaisir! p

  10. Bonjour,

    J’étais orthorexique aussi, depuis plusieurs années… mais lorsque j’ai lu que ma maladie était reconnue, et traitée par des spécialistes, j’ai réuni tout mon courage pour en finir, être forte et guérir ! J’ai donc suivi une cure de désintoxication préconisée par la société (de consommation) qui veut notre bien-être (comme quand ils font les campagnes pour manger des produits laitiers, à la télé).
    J’ai donc du aller au fast food une fois par semaine, pour “apprendre à lâcher prise” et à “me faire plaisir”. Au début, j’étais malade mais on m’a dit que c’était “psychologique”.
    Au supermarché, il a fallut que j’achète de paquets de bonbons et de biscuits pour réapprendre “le plaisir” de manger. J’ai finis par prendre surtout quelques kilos en plus, mais c’est normal m’a-t-on dit, c’était le poids qui me manquait parce que je mangeais trop “sainement” avant -et comme ça, je pourrais acheter le dernier numéro de “Glamour” pour faire mon régime pour l’été prochain…
    J’ai aussi dû acheter des plats préparés industriels car il fallait que je passe moins de temps à cuisiner et à penser à ce que j’allais manger. Je me suis donc nourris de pizza margharita surgelée et de barquette de hachi-parmentiers OGM à réchauffer au micro-onde, ce qui m’a effectivement fait gagner plus de temps pour pouvoir regarder mes séries américaines à la télé -d’ailleurs, je vais acheter la prochaine saison, à déguster avec mon paquet de Haribo car “c’est beau la vie”.
    Du coup, c’est bizarre, mais j’ai commencé à avoir plus d’acné, et des ballonnement, des problèmes gastriques. Bien pour, je suis allée chez le docteur, pour prendre soin de moi, et à la pharmacie acheter des crèmes spéciales.
    Il a aussi fallut que je rachète des vêtements car j’ai beaucoup grossis, mais grâce à mon régime de l’été, je maigrirais. Il paraît que ça fait partie du processus “normal”.

    Avant, j’étais orthorexique (et c’était pas bon pour l’économie), mais je me suis soignée.

  11. Bonjour à tous,

    Dans le cadre d’un mémoire de recherche à l’Université Paris Descartes, je vous propose de participer à un questionnaire d’environ 15 minutes, portant sur l’alimentation et les émotions. Les données seront confidentielles et anonymes. Elles ne seront utilisées qu’à des fins de recherche et ne seront en aucun cas transmises à d’autres organismes, pour quelque motif qu’il soit.

    Le questionnaire peut être rempli via un ordinateur, une tablette ou un smartphone. Je vous remercie d’avance si vous acceptez d’y répondre. Pour toutes questions, vous pouvez vous adresser à alimentationemotion@outlook.fr

    Lien du questionnaire : http://shiva.univ-paris5.fr/index.php?sid=34449&lang=fr

  12. Ma diététicienne m’a donné cet exemple -pas parfait- pour définir l’orthorexie ; l’orthorexique fera un détour pour se rendre dans une épicerie bio, sachant que ce même détour lui causera 35 minutes de retard pour aller chercher les enfants à la garderie. S’il ne fait pas le détour, il ne cessera de réfléchir à ce qu’il pourra manger et se sentira inconfortable.

    Bref, je crois que ce qu’il faut retenir c’est le côté “obessionnel” que l’on retrouve chez l’orthorexique. Et quand on parle de trouble, on parle d’une souffrance subjective. Si tu es bien avec ton mode de vie et que cela t’amène du bonheur, pourquoi changer ? Ce n’est pas un trouble, ce sont des choix de vie.

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